Droite « populaire », droite « sociale » : pourquoi des gens de droite, celle qui prétend s’assumer, être décomplexée depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir, ont-ils ainsi besoin de rivaliser dans une sorte de concurrence d’oxymores ?
S’il ne s’agissait que d’appellations se recoupant, en fait, avec des chapelles, des écuries, comme c’est courant dans les grands partis politiques, ce ne serait finalement guère important. Mais, dans cette campagne de l’élection présidentielle, on assiste, depuis que le président est officiellement candidat (15 jours seulement !), à un bombardement de postures, de positions ou de propositions les plus diverses : auto-proclamation comme « candidat du peuple », référendum sur les immigrés ou les chômeurs, travail d’intérêt général obligatoire pour les bénéficiaires du RSA, promotion des valeurs familiales traditionnelles, baisse du nombre de parlementaires, dose de proportionnelle « à la marge », suppression de la prime pour l’emploi en échange d’un allègement de charges salariales, suppression des retraites dites « chapeau », etc. Et, après les propositions du président encore président (TVA « sociale », augmentation des droits de construire de 30%), il est à craindre que la liste ne s’arrête pas là tant le candidat a promis de « surprises » pour les semaines de campagne à venir.
Lorsque l’on entend François Bayrou sortir également de son chapeau un référendum pour le mois de juin, il y a lieu de s’inquiéter du risque de contagion… Car l’élection présidentielle n’est pas un concours dont le but serait, à travers les propositions les plus inattendues, de surprendre, de cliver, de déclencher le débat pour le débat, bref d’occuper l’espace médiatique. On comprend bien que Nicolas Sarkozy cherche à conjurer le rejet personnel dont il est l’objet et les critiques qu’appelle un bilan de 5 ans, si négatif dans de nombreux domaines. Mais l’élection présidentielle mérite mieux que la transformation d’un président sortant en candidat propulsé dans une fuite en avant tout azimut, exacerbant les vraies menaces ou en agitant de fausses.
C’est parier sur les peurs ou les angoisses plus que sur l’intelligence des Français qui doivent pouvoir comparer des projets, peser leur cohérence globale et leur crédibilité économique, évaluer leur soutenabilité, notamment en terme de justice, appréhender les perspectives dans lesquelles ils s’inscrivent et le sens du « contrat » qui leur est proposé pour un quinquennat.
François Hollande l’a fait, courageusement, en présentant clairement ses 60 engagements pour le redressement de la France, le rétablissement de la justice et d’une République exemplaire, pour redonner espoir aux nouvelles générations et réconcilier les Français avec leur avenir.
Pour télécharger les 60 propositions : c'est ici


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