dimanche 26 février 2012

Elections présidentielles ou concours Lépine ?



Droite « populaire », droite « sociale » : pourquoi des gens de droite, celle qui prétend s’assumer, être décomplexée depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir, ont-ils ainsi besoin de rivaliser dans une sorte de concurrence d’oxymores ?

S’il ne s’agissait que d’appellations se recoupant, en fait, avec des chapelles, des écuries, comme c’est courant dans les grands partis politiques, ce ne serait finalement guère important. Mais, dans cette campagne de l’élection présidentielle, on assiste, depuis que le président est officiellement candidat (15 jours seulement !), à un bombardement de postures, de positions ou de propositions les plus diverses : auto-proclamation comme « candidat du peuple », référendum sur les immigrés ou les chômeurs, travail d’intérêt général obligatoire pour les bénéficiaires du RSA, promotion des valeurs familiales traditionnelles, baisse du nombre de parlementaires, dose de proportionnelle « à la marge », suppression de la prime pour l’emploi en échange d’un allègement de charges salariales, suppression des retraites dites « chapeau », etc. Et, après les propositions du président encore président (TVA « sociale », augmentation des droits de construire de 30%), il est à craindre que la liste ne s’arrête pas là tant le candidat a promis de « surprises » pour les semaines de campagne à venir. 

Lorsque l’on entend François Bayrou sortir également de son chapeau un référendum pour le mois de juin, il y a lieu de s’inquiéter du risque de contagion… Car l’élection présidentielle n’est pas un concours dont le but serait, à travers les propositions les plus inattendues, de surprendre, de cliver, de déclencher le débat pour le débat, bref d’occuper l’espace médiatique. On comprend bien que Nicolas Sarkozy cherche à conjurer le rejet personnel dont il est l’objet et les critiques qu’appelle un bilan de 5 ans, si négatif dans de nombreux domaines. Mais l’élection présidentielle mérite mieux que la transformation d’un président sortant en candidat propulsé dans une fuite en avant tout azimut, exacerbant les vraies menaces ou en agitant de fausses.

C’est parier sur les peurs ou les angoisses plus que sur l’intelligence des Français qui doivent pouvoir comparer des projets, peser leur cohérence globale et leur crédibilité économique, évaluer leur soutenabilité, notamment en terme de justice, appréhender les perspectives dans lesquelles ils s’inscrivent et le sens du « contrat » qui leur est proposé pour un quinquennat.

François Hollande l’a fait, courageusement, en présentant clairement ses 60 engagements pour le redressement de la France, le rétablissement de la justice et d’une République exemplaire, pour redonner espoir aux nouvelles générations et réconcilier les Français avec leur avenir.  

 



Pour télécharger les 60 propositions : c'est ici



jeudi 16 février 2012

La parole aux Parisiens et Parisiennes

A l'heure où certains veulent "donner la parole au peuple", avec en arrière pensée (à peine...) l'idée d'en faire l'occasion de débats clivants (pourquoi d'ailleurs ne pas avoir soumis le bouclier fiscal à un référendum ?), d'autres mettent en place, à leur échelle, des procédures pour l'expression citoyenne. 

C'est ce que fait la Ville de Paris avec la procédure d'e-pétition. 

De quoi s'agit-il ? 

E-petition : prenez la main !

Vous avez une bonne idée pour Paris ? Vous voulez soutenir les bonnes idées des Parisiens ? Alors lancez et signez une pétition sur paris.fr/petition !

Pionnière parmi les grandes villes françaises, la Ville de Paris propose un outil simple d’accès permettant de lancer ou signer une pétition en ligne sur tout sujet d’intérêt municipal ou départemental.

Cette e-pétition, signée par 1% de citoyens parisiens majeurs (soit 18 190 personnes), conduira à l'inscription de votre sujet à l'ordre du jour du Conseil de Paris.


Découvrez ci-dessous la vidéo, un peu décalée,  incitant les citoyens à se saisir de ce droit d’interpellation et qui présente comment, en un clic, vous pouvez influer sur une situation de votre quotidien.
>> http://www.paris.fr/petition



E-petition : prenez la main ! par mairiedeparis

samedi 11 février 2012

Perseverare diabolicum


Après s’être longtemps dissimulé derrière son statut présidentiel, le candidat « Sarkozy-nouveau » est arrivé et là, surprise ! Au lieu d’innover, d’étonner, comme il l’avait promis, de faire des propositions audacieuses pour sortir la France de la crise économique, sociale, démocratique où elle s’enfonce, pour recréer de l’emploi, réformer la fiscalité vers plus de justice et de solidarités, conforter les services publics et la démocratie, rassembler les Français, il reprend les «valeurs » qui ont structuré sa campagne en 2007 : travail, responsabilité, autorité.

La promotion de ces valeurs, accompagnée d’un volontarisme affirmé (« Ensemble, tout devient possible »), avait séduit, au-delà du périmètre de la droite, un électorat populaire inquiet pour son avenir et celui de ses enfants.

Mais parier sur le succès de cette opération-bis de séduction est risqué pour deux raisons.

D’abord parce que le refrain, démenti par 5 ans de présidence peu vertueuse, sonne faux aujourd’hui tant les valeurs ont été mises à mal durant ce quinquennat qu’il s’agisse du comportement personnel de Nicolas Sarkozy (soirée au Fouquet’s, yacht mis à disposition par Vincent Bolloré, augmentation conséquente du salaire présidentiel, tentative de propulser son fils à la tête de l’EPAD, campagne aux frais du contribuable, proches impliqués dans des affaires, …) ou qu’il s’agisse de l’échec de sa politique.

Comment oser parler de la valeur travail quand l'on compte près de 3 M de demandeurs d’emploi aujourd’hui ? Comment être crédible en évoquant l’autorité alors que, selon les statistiques de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), on relève de 2002 à 2010 une croissance de 21% des atteintes volontaires à l'intégrité physique des personnes ?

Et comment être crédible en invoquant la responsabilité sans assumer un bilan caractérisé par l’augmentation du nombre de pauvres, les déficits, la dette, le manque criant de logements, une société française divisée, angoissée, taxée et surtaxée, des collectivités territoriales étranglées par des dotations de l’Etat en baisse, l'éducation sacrifiée ?

Le succès de l’opération est loin d’être assuré aussi parce qu'avec l'idée d'un référendum sur le traitement du chômage, le pas franchi est un pas de trop qui, en s’attaquant à une population en souffrance, met à nu l’énorme ficelle. Le référendum est une procédure tout à fait justifiée lorsqu’il s’agit d’ouvrir, de permettre puis de trancher un débat nécessaire sur une réforme institutionnelle importante ou un choix politique majeur (place du nucléaire, adhésion à un traité, etc) ; il ne saurait être utilisé pour faire d’une catégorie de la population des citoyens à part, devenant l’objet stigmatisé  d’affrontements et le prétexte de clivages là où c’est la solidarité à leur égard qui devrait s’exprimer.

La stratégie du candidat est claire : faire feu de tout bois pour tenter, dans un dernier sursaut,  d’attirer les suffrages des électeurs du Front national, en déplaçant le débat du bilan de 5 ans de quinquennat vers de fausses solutions manichéennes, nourrissant les divisions, surfant sur les angoisses.

Faire feu de tout bois, c’est faire comme celui qui va en première ligne et se prétend le plus «courageux »  pour éteindre l’incendie qu’il a lui-même allumé, c’est être un pompier pyromane. 

samedi 4 février 2012

Les propositions de François Hollande pour la santé

Après 5 années extrêmement peu favorables pour notre système de santé (déficit cumulé vertigineux des comptes de la sécurité sociale, hôpitaux en souffrance) et alors que les inégalités d'accès aux soins se sont creusées (50% du montant des soins courants ne sont plus remboursés, ce qui oblige de plus en plus de Français à sacrifier leur santé pour des raisons économiques), François Hollande consacre 3 de ses propositions à ce sujet essentiel pour nos compatriotes et sur lequel il a eu l'occasion de revenir en détail lors d'un forum consacré à la santé à Paris le 2 février.

"Je veux renouer avec l'excellence de notre système de santé et renforcer l'hôpital public"

19 : Je réformerai la tarification pour mettre fin à l’assimilation de l’hôpital avec les établissements privés. Je le considérerai comme un service public et non comme une entreprise. Pour lutter contre les déserts médicaux, je favoriserai une meilleure répartition des médecins par la création de pôles de santé de proximité dans chaque territoire. Je fixerai un délai maximum d’une demi-heure pour accéder aux soins d’urgence. J’améliorerai la prise en compte de la santé publique, notamment en augmentant la part de rémunération forfaitaire des médecins généralistes.


20 : Je sécuriserai l’accès aux soins de tous les Français en encadrant les dépassements d’honoraires, en favorisant une baisse du prix des médicaments et en supprimant le droit d’entrée dans le dispositif de l’aide médicale d’État.

21: Je proposerai que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité.

Pour suivre le discours de François Hollande